L’Évangile de Matthieu, chapitre 18 : une réflexion de Raymond Bourgault

Rembrandt, Saint Matthieu inspiré par l'ange, 1661

Le chapitre 18 de saint Matthieu est à la fois un aboutissement et un programme pour l’Église naissante. La Bible de Jérusalem présente ce chapitre avec les divisions suivantes : Qui est le plus grand dans le Royaume des cieux? Le scandale contre les petits, la brebis égarée, la correction fraternelle, la prière en commun, le pardon des offenses et la parabole du débiteur impitoyable. Chacune de ces parties, tout comme l’ensemble, peut représenter un grand défi pour notre compréhension aujourd’hui. Ne serait-ce que ce passage terrible où l’on parle de jeter à la mer avec une meule autour du cou celui par qui le scandale arrive. N’est-on pas loin de la miséricorde ici? Or, il faut prendre justement l’ensemble pour mieux comprendre, dit le jésuite Raymond Bourgault dans l’enregistrement disponible ici, et pour ce faire, il faut situer l’Église dans le cadre de l’histoire mondiale, rien de moins. Ainsi, selon lui, l’Église n’est pas à comprendre comme une religion au sens ordinaire du terme (récit-rite-règle) même si elle en a les traits sociologiques. L’Église est au-delà, et à proprement parler, en terme teilhardien, un phénomène de « centro-complexification ».

Texte d’introduction par Luc Lepage, responsable des archives de Raymond Bourgault. Cet enregistrement a été effectué le 29 mars 1980, dans le cadre d’un atelier biblique donné par Raymond Bourgault à un groupe de Sœurs de la Miséricorde.

Raymond Bourgault sur l’Évangile de saint Matthieu, chapitre 18